Ça y est, nos voeux ont été exaucé: la Warzone dispose enfin d'un espace digne de ce nom! C'est un peu brut de commencer comme ça, mais comme nous le verrons en détail le moment voulu, l'évènement mérite bien cette introduction en fanfare. Il n'y a pourtant pas que cette annonce qui rende cette 11ème édition du second plus gros festival de France exceptionnelle. Durant les trois prochains jours, nous vivrons d'attendus retours, d'émouvants adieux, commémorerons une disparition de taille pour toute la communauté Rock, et d'autres friandises tout aussi délectables. Il est l'heure de la Grand Messe annuelle du metalleux français mes frères!





Liste des groupes vus:

VENDREDI 17:
* WITCHES
* DELAIN
* AUDREY HORNE
* TREMONTI
* DUST BOLT
* CRUACHAN
* NASHVILLE PUSSY
* SOLEFALD
* SHINEDOWN
* LE BAL DES ENRAGES
* SADIST
* HALESTORM
* ANTHRAX
* VADER
* KILLSWITCH ENGAGE
* KORPIKLAANI
* VOLBEAT
* OVERKILL
* DROPKICK MURPHYS
* RAMMSTEIN
* THE OFFSPRING

pour les autres jours, cliquez ici:
SAMEDI 18
DIMANCHE 19




  SETLIST RAMMSTEIN:
  - Ramm 4
  - Reise, Reise
  - Hallelujah
  - Zerstören
  - Keine Lust
  - Feuer Frei!
  - Seemann
  - Ich Tu Dir Weh
  - Du Riechst So Gut
  - Mein Herz Brennt
  - Links 2-3-4
  - Ich Will
  - Du Hast
  - Stripped (Depeche Mode)
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  - Sonne
  - Amerika
  - Engel


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VENDREDI 17:

      Après avoir appris la veille que l'accès du camping avait été autorisé aux arrivants du mercredi, nous avions un peu les boules de nous être tapés les bouchons du jeudi pensant que nul ne pourrait pénétrer dans l'enceinte sacrée avant 15H comme cela avait été indiqué sur le site... Merci pour ce taquet, messieurs/dames de l'organisation. C'est un peu vexant après toutes ces années de fidélité! Bref, nous sommes enfin dans la place, alors passons.

      La tâche est ardue d'ouvrir un tel bal, mais les thrasheux français de WITCHES qui célébraient d'ailleurs leurs 30 ans de carrière ne se sont pas laissés démonter pour autant du haut de la Altar! Le son est lourd mais adapté à l'agressivité du moment, la chanteuse/guitariste Sibylle Colin-Tocquaine assure ses parties aussi bien que ses collègues moins affairés, le tout respire le old school à plein nez, tant et si bien que le set plaira surtout aux fidèles du genre. En tout cas, le taf est fait, et c'est une entrée en matière bien nerveuse qui nous met dans le bain de suite.

      DELAIN jouera plutôt la carte du symphonique bien que les guitares sonnent plus tranchantes que sur disque. Je n'avais d'ailleurs pas plus apprécié Lunar Prelude que ça, mais même les compos qui en sont issues passent bien l'épreuve de la scène. La tenue sexy de Charlotte (sans oublier le bonus charme apporté par la recrue de choix Merel Bechtold) aura certainement retenue l'attention des simples curieux qui passaient devant la Mainstage par hasard, tandis que les fans apprécieront une fois de plus l'entrain du groupe ainsi que la propreté du set. Rien de foufou, juste de quoi satisfaire l'amoureux de jolie mélopées féminines mêlées au heavy.

      On va muscler un peu le programme avec le hard rock de AUDREY HORNE dont le dernier album Pure Heavy était plutôt bien passé. L'ambiance est à la bonne humeur et aux grosses basses (sous quelques gouttes de pluie peu dérangeantes), Toschie n'en a cure et nous encourage à en faire de même! Les 4-5 morceaux que je suis resté écouter sont vraiment entraînants, mais la faim m'appelait déjà pour le déjeuner, et j'aimerais bien faire un petit détour par la Altar pour aller headganguer un moment sur le thrash old school de DUST BOLT. Le jeune quatuor bavarois n'a en fait rien à envier aux patriarches du genre en matière de nervosité et de fun, les allemands balançant les riffs à toute vitesse aussi vigoureusement que leurs touffes capillaires tournoient en hélices de ventilateur. Le show n'a rien de fantastique mais c'est du brut de décoffrage, à l'instar de leurs aînés qui joueront plus tard dans la programmation. Apéritif sympathique en tout cas.

      Je reviens pour CRUACHAN qui ne me laissera pas un aussi bon souvenir que Blood on the Black Robe, en grande partie à cause d'un son mal balancé oubliant totalement le violon et encore davantage la flûte! Les guitares elles-mêmes auraient gagné à être moins grasses, autant que la setlist s'axant sur les titres les plus lourds du combo irlandais nous donnera un show peu varié au final. Il faut aussi que John Ryan Will ajuste son costume car sa tenue ressemblait plus à un cosplay raté qu'autre chose.

      Pour faire la balance avec tant de violence, je me risque à tenter le black metal expérimental de SOLEFALD qui aura une emprise très mitigée sur moi. Allant d'une atmosphère typiquement norvégienne (leur pays d'origine) à une techno-dance peu ragoûtante, alors qu'un peintre réalise une toile en direct pendant que les musiciens investissent les lieux de sonorités étranges (mention spéciale à la voix envoûtante de Lazare, également chez Borknagar), je déclare forfait au bout de trois titres pour me tourner juste à coté vers quelque chose d'aussi progressif mais de bien plus impressionnant.

      Première claque de cette année: SADIST. Si le death technique des italiens ne m'a jamais vraiment accroché sur disque, le quatuor de surdoués en impose méchamment sur scène! On se délecte de ces plans hallucinants exécutés avec tant de facilité par les trois instrumentistes, Tommy Talamanca allant jusqu'à jouer de la guitare et du clavier simultanément, tandis que l'imposant Trevor Nadir growle et hurle ce qu'il peut en accompagnement. Mais personne n'est dupe, ce sont bien Andy Marchini et sa basse 6-cordes ainsi que ce poseur amusant qu'est Tommy qui font le show et qui nous émerveillent. j'ai envie de dire: UH!

      Moins technique, plus accessible, on revient au heavy metal avec HALESTORM, porté par une Lzzy Hale hargneuse au possible, incarnation même de la frontwoman couillue biberonnée au rock n'roll depuis son plus jeune âge. Pas de quoi s'emballer en écoutant The Strange Case of chez soi, pourtant les mêmes morceaux font sacrément mouche sur la Mainstage avec le son imposant que le groupe mérite, servi sur un plateau. Le public ne s'y trompe pas en répondant favorablement aux multiples interpellations écorchées de la demoiselle qui n'en est que plus heureuse, alors qu'on remarque aussi souvent en arrière plan ce jeune batteur fantasque qui ne cesse d'enchaîner les gags (petit tour de scène au pas de course pensant le cri longue durée de Lzzy, fin du solo de batterie avec des baguettes géantes, etc)! Décidément, en dépit d'un style classique, on ne s'ennuie pas en leur compagnie.

      Pendant que MASS HYSTERIA propose aux Clissonnais le même set de furieux dispensé à Paris le WE dernier [vous allez souvent retrouver la référence au Download dans ce report], je me positionne pour ANTHRAX dont j'avais justement raté le set à ce moment-là. Pas si fan que ça de leur thrash New-Yorkais, mais For All Kings allait au delà de mes espérances, alors pourquoi pas! D'autant plus que Joey Belladona gagne à être vu sur scène par son attitude détendue et fun facilement communicative au public (ça marche sur moi en tout cas). Ensuite, il faut apprécier toutes les périodes musicales du groupe même si le petit dernier était favorisé (trois extraits sur un set de huit, le démarrage sur "Impaled/You Gotta Believe" donnant d'ailleurs parfaitement le ton). Passage en France oblige, ils ne pouvaient pas passer à coté de la reprise de Trust (après un "Got the Time" de Joe Jackson) que tous connaissait!

      Pas de temps à perdre puisque VADER attaque tout de suite après sous la Altar. Ayant déjà eu l'occasion de les voir sur la tournée Tibi Et Igni le 24 Mars 2015 au VIP de St Nazaire, je ne m'attendais pas à être surpris. En revanche, leur show traditionnel et simple s'est cette fois vu upgradé par un son à la hauteur, où nous pouvions enfin profiter de la voix incroyable de Piotr Wiwczarek, ce qui se révèle être un plus non négligeable même si je ne serai pas plus emballé par ce concert que cela malgré tout.

      Histoire de changer un peu de mes habitudes, je vais allez faire un tour du coté de la Warzone dont la rumeur d'une grande rénovation est parvenue à mes oreilles. C'est carrément un ravalement en profondeur qui a été opéré sur cette zone, devenue par un coup de baguette magique une des plus attrayante du site! Le bar à vin prend la forme de tonneaux, tandis qu'une butte accueille de nouveaux snacks (l'officiel du Hellfest gagnant aussi en variété au passage au niveau des produits proposés), une scène en pente douce visible de n'importe quel point, et ce mémorial dédié à notre regretté Dieu du Metal qu'est Lemmy trônant fièrement au centre d'une place couverte de gazon synthétique: propreté et confort optimal! Le nouvel endroit idéal pour se sustenter et se reposer, mais également pour profiter dans les meilleures conditions possibles de la programmation punk/hardcore du festival, ce que je m'empresse de faire de suite.

      Ceux qui retiennent mon attention sont les ricains de KILLSWITCH ENGAGE que j'avais eu l'occasion de voir en 2008 au Wacken Open Air avec Howard Jones au chant. Pour Disarm The Descent, c'est le vocaliste originel Jesse Leach qui reprend le flambeau en faisant honneur à son prédécesseur, loin des clichés émo véhiculés par la majorité de leurs pairs. Si le set en lui-même est aussi dynamique et puissant qu'un set metalcore lambda, celui qui tire son épingle du jeu est le déluré guitariste Adam Dutkiewicz, joggeur avec lunettes de plage peu avare en blagues salaces! De sa grosse voix, il ne cessera de hurler des phrases à base de “pussy” ou “beer” entre deux morceaux, évoquant même la petite taille de son sexe (4cm selon ses dires^^) pour rassurer les demoiselles. En dehors de ça, les incontournables comme "My Curse" ne manquent pas; j'avoues même avoir passé un super moment malgré mon aversion pour le genre!

      Après la pause dîner, on se place un peu en retrait pour observer de loin la grande fête donnée par KORPIKLAANI sous la Temple, extrêmement conventionnelle de la part des finlandais (taux d'alcoolémie élevé de leur chanteur inclus). Ce qui va se passer sur la scène voisine est d'un tout autre standing, d'autant plus que c'est mon dépucelage d'OVERKILL en concert! White Devil Armory étant un très bon album de thrash à ajouter au compteur des américains, nul doute que le headbang va être de rigueur. Surtout lorsqu'on est face à cette pile électrique de Bobby Blitz dont le jeu favori consiste à se cacher derrière le mur d'enceinte pour réapparaître à toute vitesse lorsqu'il doit chanter (ce qui donne parfois lieu à quelques retours et choppes de micro ratés)! L'efficacité de leur thrash n'est plus à démontrer, et pouvoir en juger en live est d'autant plus appréciable que le groupe prend toujours autant de plaisir à jouer après 36 ans. Je ne suis vraiment pas déçu du voyage!

      C'est ici que ma journée se termine, mais ma collègue qui n'était pas à Paris Dimanche dernier n'a certainement pas fait l'impasse sur la tête d'affiche de la journée, je vais donc la laisser s'exprimer à son tour sur la version 2016 du show d'un certain combo allemand. Pour ma part, ce démarrage est plus que réussi et n'augure que de bonnes choses à venir les deux prochains jours!



      C'est après avoir fait le tour des nouveauté du site, que je décide de retourner sur les Mainstages pour découvrir Tremonti qui doit être en plein set. Et là, le blanc: les mainstages sont vides, c'est la première fois en 8 années de fest que je vois les Mainstages à l'arrêt en journée. Il s'avère que suite à un problème logisitique, Tremonti a été annulé, sûrement trop tard pour être remplacé. Il faudra attendre l'arrivée des Nashville Pussy pour le retour des hostilités. Leur set est sympa mais leur musique, entre rock américain et rock sudiste, n'a rien non plus de transcendant. Les mecs apprécieront probablement les deux nanas du groupe (Ruyter Suys à la guitare et Bonnie Buitrago à la basse). Arrosé de Jack Daniels, le concert est rythmé et se laisse tout à fait écouter.

      Et Shinedown prend la suite, j'avais vraiment envie de découvrir ce groupe de hard rock qui a eu l'opportunité depuis sa fondation en 2001 de faire une musique pour Destination Finale et pour Expendables. Le chanteur est un peu trop bavard, et la grosse caisse est trop marquée, mais le set est ultra dynamique. Brent Smith, le chanteur, tente d'organiser un jump un peu particulier, il a oublié que le français parle mal l'anglais, et il n'aura qu'un mega-jump, ce qui est déjà pas mal ! Encore une fois, on est sur un style plutôt classique, mais maîtrisé, instruments comme voix.

      Quitte à ne plus quitter les Mainstages, je teste ensuite le Bal des Enragés, sorte de All Star Band à la française souvent décalé dont j'ai déjà entendu parlé en très bon terme. L'atmosphère sur scène est juste géniale et les reprises s'enchaînent: Nirvana, Motörhead, Led Zeppelin, et même Trust, que tout le monde reprend en coeur. Toutes de très grande qualité, mais qu'attendre de moins de ces musiciens confirmés qui sont là surtout pour s'amuser ? Cependant, les basses sursaturées sont franchement désagréables, et je ne suis pas la seule de cette opinion.

      Après une pause, je reviens sur les Mainstages pour les Dropkick Murphys, mais j'ai tellement peur de les manquer que j'arrive suffisamment tôt pour voir une partie du set de Volbeat. Une prestation à laquelle je ne m'attendais absolument pas, carrée, très appréciable, sans rien de particulièrement bourrin, je me suis complètement trompée à leur sujet. Leur son, très rockabily, ne colle pas tout à fait avec le circle pit qui se formera à un moment dans la fosse, mais il en faut pour tous, non ? Et voici les Dropkick Murphys... J'avais loupé ce groupe il y a 2 ans quand ils sont passés au Hellfest, et j'en ai entendu parlé pendant des mois ! Hors de question donc de les louper encore cette année. Et bon sang quelle claque ! Je ne connais aucun de leurs titres mais ils m'entraînent sans coup férir dans leurs prairies celtiques et je ne suis pas la seule dont les pieds danseraient bien tout seul ! D'ailleurs, même si le passage de Rammstein plus tard dans la soirée, explique une partie de l'affluence, il n'empêche que la fosse devant la Mainstage 2 est archi comble et que la foule va jusqu'au Hellsnack.

      S'en suit donc Rammstein, que je vais voir de loin, n'étant pas une fan du groupe dont je trouve les musiques redondantes et les textes trop simplistes. Mais il paraît que le combo allemand sait faire son show, et il faut bien que je les voit au moins une fois dans ma vie. Et après coup... Tout ça pour ça ? Sérieux ? Ok, on a eu le droit à quelques feux d'artifices et le claviériste semble avoir besoin de faire marcher ses jambes pour pouvoir jouer. Le public a aussi eu le droit au "chien humain en combinaison orange", presque rituel du groupe. Mais en terme de spectacle, ça ne casse pas trois pattes à un canard et j'ai vu mieux ne serait-ce que dans ma journée. Bref, je reste quand même pour voir The Offspring, le groupe de punk rock américain officie depuis plus de 30 ans et il serait dommage de les manquer car nous ne les voyons pas souvent. Je dois cependant avouer que leur musique, quoique très agréable, présente un rythme largement inférieur à ce que j'ai pu globalement entendre aujourd'hui et que le journée a été dense. Par ailleurs, la régie ne s'aperçoit qu'au bout de quelques morceaux que certains écrans géants ne diffusent plus rien, ce qui privent une grande partie du public de la vue. La qualité de la prestation du groupe est évidente, mais je renonce à la moitié du set pour retourner sous ma tente.

Par Nerilka