Encore vivants!


      Ils font partis des vétérans, ils ont souffert comme beaucoup de la disparition du hard en France, ils ont du changer de nom, mais ils comptent aujourd'hui parmi les rares à avoir effectué un retour réussi. À l'occasion de la sortie de leur troisième album (le second sous ce nom), nous allons laisser le soin à trois membres de STILL SQUARE de nous raconter brièvement leur périple (tout en recadrant mon interprétation personnelle de l’évolution de leur musique^^) et leur vision contemporaine de la scène à laquelle le groupe s'accroche si fort: le heavy metal francophone.
Interview réalisée par mail en Novembre 2015 par Yroenn    






      Quizz album Thierry/Pascal/Guy

le meilleur album de tous les temps:
      Thierry: VAN HALEN
      Pascal: METALLICA «Master of Puppets»
      Guy: AC/DC «Highway To Hell»
le pire jamais entendu:
      Thierry: je ne sais pas... un album skinhead, peut être ?
      Pascal: j'ai toujours fait le nécessaire pour éviter que ça m'arrive.
      Guy: je l’ai jamais écouté (rires)
le plus étrange/bizarre écouté:
      Thierry & Guy: YES «Relayer»
      Pascal: Encore un piège que j'ai évité.
celui qui donne la pêche à chaque fois:
      Thierry: RAINBOW «Long Live Rock'n'Roll»
      Pascal: WIDOWMAKER «Blood and Bullet»/ HARDCORE SUPERSTAR
      Guy: STATUS QUO «Hello
qui relaxe avant de dormir:
      Thierry: "Meunier, tu dors..."
      Pascal: IRON MAIDEN «Piece of Mind»
      Guy: GENESIS «Trick of the Tail»
qui apaise après une mauvaise journée:
      Thierry: DEEP PURPLE «Stormbringer»
      Pascal: AC/DC «For Those About to Rock»
      Guy: EAGLES «Hotel California»


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- Salut les gars! Dites-moi, après toutes ces années, vous avez l'air d'avoir la grande forme, en particulier Guy dont la voix ne semble pas avoir été altérée par les années! Quel est votre secret?

Guy Hoc (Chant): On aime toujours jouer. On s’éclate encore, et tant que ça durera et bien on continuera. Quant à la voix, ils m’enferment dans un congélo et ne me sortent que pour les concerts (comme y’en a pas eu des masses ces derniers temps, elle tient encore la route (rires).

- Vous avez disparu de la scène metal française pendant une petite dizaine d'années, à la fin des années 80 jusqu'à votre retour en 2008. Quels ont été vos activités artistiques respectives durant cette période de pause?

Thierry Fronty (Guitare): Euh, ça fait plus d’une petite dizaine d’années, ça… [NDLR: exact, je ne sais plus compter :P] Perso, j'ai fait de la reprise de classic rock avec notamment Philippe Sassard et Jean Marc Anzil (Shannon) et divers potes, sans se prendre la tête mais en essayant de faire bien et surtout de se faire plaisir.

- À l'époque où vous avez débuté, nombres de formations avaient fait comme vous le choix de chanter dans notre belle langue nationale. Pourquoi ce choix alors qu'il est encore plus difficile de s'imposer avec des paroles en français?

Guy: J’écris en Français, c’est ma langue maternelle, j’arrive mieux à retranscrire mes idées, mes émotions, mon ressenti dans cette langue plutôt que dans celle de Shakespeare. J’avais tenté d’écrire en anglais, mais le résultat ne m’a pas satisfait.
Thierry: Premièrement, c'est un peu la facilité qui s'est imposée, on est français en France et c'était tout naturel de composer en français. De plus, je pense qu'il y a un public pour ça. Téléphone et Trust n'auraient certainement pas eu autant de succès s'ils avaient chanté en anglais, ils auraient été simplement deux groupes de rock de plus.

- Depuis que vous avez remis les pieds dans la vie du heavy metal, quel est votre opinion de son évolution depuis les années 80 jusqu'à maintenant? La scène a beaucoup changé depuis ce temps. Plutôt satisfaits des jeunes formations évoluant actuellement, ou nostalgiques de votre époque?

J’ai du mal avec le métal extrême, je n’y comprends rien. Mais je ne juge pas, chaque génération a eu ses vieux jetons qui disaient « c’était mieux avant », je me souviens les yeux de mes parents quand je leur ai fait écouter « Deep Purple in Rock » !
Pascal Gilleront (Basse): Je suis passionné par le heavy métal des années 80, alors je suis forcément nostalgique de cette époque qui a vu naître à mon sens les meilleurs albums, tels que "Piece of mind" ou "Master of puppets".

- Quelques groupes comme Satan Jokers ont également souffert de la quasi-disparition du heavy/hard en France, et ont choisi de revenir avec un style assez différent de celui qu'ils pratiquaient à leurs débuts, plus actuel. De votre coté, vous êtes plutôt restez fidèles à vos amours d'antan. N'avez-vous pas envie d'essayer autre chose que ce que vous aviez fait avec "Rock Stars"?

Thierry: Tout d'abord, j'ai l'impression que nous avons fait 3 albums plutôt différents, non ? Nous avons eu même un peu peur que le public soit un peu désorienté par le tournant résolument Rock'n'Roll de notre dernier opus. Finalement il ne semble pas. Pour une éventuelle évolution de style, je crois que nous aurions tous un avis différent, c'est pourquoi on essaie de faire ce qu'on connait bien tous. En gastronomie il y a ceux qui s'essaient à la nouvelle cuisine ou à la cuisine moléculaire et il y a ceux qui travaillent plutôt les plats traditionnels, moi je suis plutôt en mode Blanquette/Bourguignon (slurp !).
Guy: On ne fait bien que ce que l’on aime bien, comme je le dis dans « Hard Rock’n’roll » notre style c’est du Hard Rock des années 80, ce sont nos influences respectives qui donnent cette couleur à notre musique.

- En 2010, nous découvrons donc votre retour dans les bacs avec votre second album "Laissez-les rêver", mais votre nom se retrouve agrémenté d'un "Still" pour des raisons de droits. Comment avez-vous vécu cette obligation de changement de nom au moment des faits?

Thierry: Ca c'est fait lorsque Brennus nous a proposé d'éditer "Rock Stars" en CD avec quelques bonus tracks. Le groupe n'existait plus et ne s'était pas encore reformé, il n'en était même pas question. Alors en fait c'était une formalité sans vraiment d'importance. Et puis le nouveau nom signifie que c'est toujours nous, donc pas de problème ! De plus c'est plus facile à scander en concert (rires).
Guy: Vu qu’à l’époque de la réédition (2000), la notion de reformation n’était pas d’actualité, cela ne nous a pas vraiment traumatisé (rires).

- Il a fallu cinq longues années à tous vos fans pour enfin profiter d'un troisième opus que voici. N'étiez-vous pas pressés de retourner en studio alors que le retour du groupe était enfin concrétisé par l'arrivée du second album? Peut-être avez-vous eu des impératifs qui vous ont empêchés de composer sereinement.

Thierry: Ben non, on a juste mis du temps, pas plus pressés que ça et puis aussi personne ne nous a véritablement harcelé pour qu'on produise un album, alors nous, tu sais, si on a quelque chose à dire, on le dit, sinon on ferme nos g...
Pascal: Nous avons eu la liberté de faire ce que nous voulions faire et surtout à la cadence à la quelle nous voulions le faire, pas de pression, pas d'impératif.
Guy: C’était un peu compliqué du fait de nos emplois du temps respectifs. Non pas de composer ou d’écrire, mais surtout de trouver des créneaux pour répéter et mettre en place les nouveaux titres.

- Pour revenir à ce nouvel album, il s'agit à nouveau d'un mélange d'impressions personnelles sur la vie et d'histoires fantastiques racontées dans les textes. Où allez-vous chercher votre inspiration, que ce soit pour les paroles ou pour la musique?

Thierry: Sur la musique, on n'a rien calculé du tout, on a fait le choix de jouer ce qui nous passait par la tête à un instant "T", un peu comme un jeu de la vérité. C'est le résultat de nos influences, inspirations, envies du moment. Foin des modes et du souci de paraître.
Guy: Je compose mes textes en fonction de thèmes qui me viennent à l’idée. Le plus difficile est de trouver le thème en question. De faire en sorte qu’il se marie avec la musique, et puis après de raconter une histoire. Cela peut venir d’un film que j’ai vu, un bouquin, une situation de la vie de tous les jours, un évènement, c’est assez vaste.

- À présent, la traditionnelle question stupide: le nom de Square vous vient-il de ces souvenirs des bons moments où votre maman vous amenait au square pour jouer avec les autres enfants dans vos tendres années?

Thierry: Non, plutôt les bonbons au fond de la poche, les grands imperméables avec rien en dessous (rires).
Guy: On cherchait à l’époque un nom qui aie une consonance à la fois française et anglaise, « square » en anglais a plusieurs significations, on a retenu le sens du mot qui veut dire « carré », comme notre musique.
Pascal: Euh... désolé mais je n'avais que 11 ans quand Square a vu le jour.

- Un dernier mot pour vos fans afin de les inciter à pencher une oreille sur votre musique?

Thierry: Les modes passent, Rock'n'Roll will never die !
Pascal: S'ils sont fans, ils écouteront sans que l'on ait besoin de les y inciter, nos fans sont fidèles, je sais de quoi je parle !!!
Guy: Dépêchez-vous, bientôt se sera vintage et il entrera dans la catégorie « collector » (rires)!