Sisyphus

      line-up
    * Brett Minnie - Guitares/Chant
    * Pauline Silver - Batterie

      tracklist
    01. Prelude -3:33
    02. Babylon -5:32
    03. To Know Us is to Fear Us -4:08
    04. The Ghosts of St. Augustine -6:50
    05. Gloam -4:30
    06. Reaver -3:10
    07. G.E.O.F.F. -4:03
    08. FEAR -4:35
    09. The Desert Song -5:31

"Sisyphus"

Sorti le 20 Mars 2020 en indépendant

Facebook: www.facebook.com/themedeaprojectband


      Doom Doom Doom Doom, you want it in your room (hum...)? Eh bien voici The Medea Project pour te satisfaire! Originaire d'Afrique du Sud, les fondateurs Brett et Dean (qui quittera la formation quelques années plus tard) commenceront tout d'abord par dévoiler leur musique au format EP avec The Medea Project avant de se relocaliser au Royaume-Uni, berceau de leurs influences. Au coeur de leur style, la batterie de la nouvelle arrivante Pauline Silver sera celle qui guidera les compositions de leur premier LP après les avoir accompagnés en tournée en compagnie de formations telles que Godthrymm, Nibiru ou encore (surtout!) Conan. Mais comme chacun sait, l'exercice de l'album ne demande pas les mêmes exigences que celui d'un format plus court, alors voyons de quoi le duo a été capable sur une durée de presque quarante-trois minutes.

      Il est vrai que le nom de The Medea Project [inspiré de la Médée vengeresse présente aux côtés des Argonautes dans la mythologie Grecque] peut laisser imaginer un projet grandiose qui demande l'utilisation de beaucoup de moyens humains et matériels, mais je rappelle avant toute chose que seuls deux musiciens se présentent sous ce patronyme. D'ailleurs, l'intimité du prélude (quelques notes de piano et la voix susurrée de Brett) indique qu'on va se contenter du minimum niveau instrumentation, en évitant l'utilisation de claviers ou de samples. Leur rapprochement avec Conan se montre ensuite immédiatement évident sur "Babylon" et "The Desert Song": une basse tellement saturée qu'elle en arrive au même niveau de lourdeur que la guitare rythmique, avec une batterie donnant l'impression que la dame joue debout pour encore plus d'amplitude dans ses mouvements. La citation du sludge dans leurs autres influences n'est pas non plus exagérée puisque le mixage s'y associe volontier, donnant ce son grésillant et bondissant ajoutant encore de l'écrasement à leur musique.
      En fait, le plus étonnant est de constater que pour du doom les pistes ne sont pas aussi longues que ce à quoi le genre nous a habitués: on reste sur des durées raisonnables qui donnent la possibilité d'un tempo un peu moins lent sans en devenir lassant à cause de la répétition des patterns. "To Know Us is to Fear Us" et "Reaver" l'illustrent très bien avec un groove très proche d'un Vallenfyre (que je soupçonne être une de leurs formations fétiches), qui donne un bon coup de fouet à un démarrage finalement typique. Mais pas d'inquiétude, la gravité va vite nous rattrapper avec "The Ghosts of St. Augustine" nous remettant sur les rails de la dépression tout en proposant une alternance growl/chant clair et grave bien dosée. "Gloam" aussi choisi d'enchaîner les plans différents, passant d'une section lourde à une section plus aérée pour terminer sur un ralenti bien sombre. "G.E.O.F.F." est assez étonnant dans son genre puisqu'il se rapproche davantage d'un 69 Eyes aux résonnances gothiques, grosse voix mélodique inclus, alors que le quasi-instrumental "FEAR" (exception faite d’une phrase criée sur la fin) va plutôt lorgner du côté du stoner pour sa part.

      Au final, le doom est surtout utilisé comme une base stable chez The Medea Project, consolidée pour pouvoir y apposer toute sortes d'éléments issus de scènes qui s'y associent facilement comme le sludge ou le stoner. Si nous avions déjà remarqué que la longueur des chansons obligeait à ne pas s'attarder sur des gimmicks trop traînants et ainsi favoriser la diversité des riffs, on a ensuite pu voir que les nombreux ajouts à leur base pour développer leur touche personnelle sont source d'enrichissement tout en gardant les habitudes du doom en exposition évidente. Le duo s'est donc très bien débrouillé sur ce premier opus, évitant les poncifs avec efficacité pour un résultat vraiment intéressant.

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