The Fast of Solace

    note   15/20

      line-up
    * Will (Guitares Rythmiques)
    * Schuff (Batterie)
    * Garth (Guitares Lead)
    * Jules (Basse)
    * KooTôh (Chant)

      tracklist
    01. DMZ
    02. Draw the Line
    03. Apollo is Dead
    04. Autonomy
    05. Improvisation 28
    06. Dead Pools
    07. Barbarians
    08. Grow some Balls
    09. 10:22
    10. Cleaver

"The Fast of Solace"

Sorti le 17 Octobre 2015 chez Almost Famous

Site Officiel: www.tankrust.com
Facebook: www.facebook.com/Tankrust


      Il est à présent temps de mettre en avant les débuts d'un de nos représentants nationaux. Avant de s'appeler TankrusT, Eleusis a émergé dans la froideur de l'hiver francilien et n'a rien trouvé de mieux pour se réchauffer que de se mettre au thrash. Seulement, comme ce changement de patronyme l'indique, leur style n'était pas destiné à être figé dans le temps et s'enrichit d'autres influences comme le death metal et le hardcore, rapportés des expériences diverses et variées vécues par ses musiciens au cours de leur apprentissage de la vie. De ce mélange naquit alors l'EP Beyond Thresholds qui plante un premier piquet sur la scène metal hexagonale avant d’essayer de l'enfoncer plus profondément par la force d'un LP bien senti.

      Sur ce premier opus, nous ne retrouverons de l'EP que le titre "Dead Pools", ce qui rend les trois autres pistes du précédent disque presque collectors! L'évolution les a probablement poussés à ne pas repartir que sur des bases déjà trop installées, bien que ce petit rappel ne soit pas de trop pour autant. Inscrit par la forme dans la modernité pendant que le fond puise allègrement dans l'héritage de nos ancêtres, le core tant loué (allant jusqu'au grind sur l'intro de "Autonomy" avec au programme égorgement de cochon à mains nues) marque avec netteté leur appartenance à notre siècle à grands coups de moshparts et de palm mute, tandis que les cavalcades de la rythmique insistent sur les origines eighties de leurs inspirations premières. C'est simple: sur la plupart des vocalises étouffées, on croirait entendre Derrick Green lui-même placer ses hurlements gutturaux bien gras. Vous l'avez compris, la brutalité transpire de chaque plan de cet opus, violence continue que même de rares interventions ambiantes comme la brève intro de "Dead Pools" ne parviennent pas à apaiser.
      Les multiples influences transparaissent donc à travers chaque instrument déchainé sur ce disque, vocalises inclues. J'insisterai même sur ces dernières qui se targuent de voyager à travers de nombreuses sphères vocales, allant du growl au hurlé black en passant par une poignée de lignes mélodiques claires (un doigt seulement). Dans l’exécution de l’ensemble, nous retrouverons le groove du harcore évoqué plus tôt qui reposera nos cervicales de temps en temps pour laisser parler nos épaules. Nous aurions pu nous attendre à un semblant de pause au bout d'un moment histoire de laisser l'auditoire souffler un peu, mais il n'est est en fait pas question une seconde! Bon allez, quarante secondes de piano avant de lancer "Cleaver", c'est bien parce que c'est vous.

      Ils ne font pas de cadeau les petits gars de TankrusT, et c'est certainement ce point qui va séduire les amateurs de brutalité sonore et métallique déjà accro au death ou au thrash metal d'antan. Malgré la production très clean typée contemporaine, cela ne suffira peut-être pas à faire retourner leur veste au coreux les plus actuels, mais parmi eux les curieux pourront peut-être y découvrir une porte d'entrée vers le metal, le vrai. On peut aussi se demander ce qu'en penseront les conservateurs fans du Loudblast ou du Sepultura d'avant lorsqu'ils sonnaient grésillant, ce dont je ne me soucie pas trop puisqu'ils ont déjà de quoi faire dans le domaine. Il faut savoir vivre avec son temps, ce que TankrusT fait plutôt bien en définitif.

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