Rouge Réservoir

    note   14/20

      line-up
    • Antoine - Basse
    • Alex - Guitare
    • Greg - Chant
    • Nico - Batterie
    • Rudy - Guitare

      tracklist
    01. Je cours
    02. Comme des machines
    03. A chaque pas
    04. Mon identité
    05. Aliénation
    06. Zéro
    07. Le pouvoir
    08. Hors format
    09. Another Side
    10. Un jour triste (feat. Damny)
    11. On peste
    12. Le bien, le mal
    13. Un jour triste (Bonus)

"Rouge Réservoir"

Sorti en Mai 2015 en autoproduction

Site Officiel: www.tankred.net
Facebook: www.facebook.com/Tankred.Group


      Tankred, groupe rap/metal français du Pays de la Loire, sort ici son premier album après un EP intitulé Genesis en 2013.
      Si l’on fouille un peu sur le net (je suis curieuse) afin de découvrir ce que peut bien vouloir signifier Tankred, on trouve plusieurs choses mais on apprend surtout que c’est un prénom germanique (Tancrède) qui a pour étymologie Tank (pensée), Rad (conseil). En d’autres mots « celui qui prodigue des conseils avisés ».       C’est cette signification que j’ai envie de garder car elle colle à l’esprit de Rouge Réservoir. Des revendications et de la rage, cet album en contient.

      Quand on met un pied dans la scène fusion française, c’est un peu à reculons que j’aborde les groupes tant il est difficile de trouver des textes bien écrits. On est vite dans l’à peu près et la facilité. Mais Tankred se révèle une bonne surprise au niveau de l’écriture. Les sujets sont logiquement basés sur une critique sociétale et politique sans pour autant verser dans les raccourcis rapides, les lieux communs et les phrases « bateau ». C’est un bon point. Merci donc pour l’amoureuse des mots que je suis, je peux écouter l’album sans grimacer sur des propos d’une banalité affligeante le tout agrémenté d’un champ lexical réduit.
      En ce qui concerne le style musical, Tankred est dans la mouvance de noms célèbres comme F.F.F. (sans le côté funk), Mass Hysteria (dans un metal moins agressif), Assassin (pour le flow du chant), Noir Désir (pour le côté rock), Sidilarsen (sans l’électro)… bref un petit melting-pot qui n’est pas des moindres… On sent les influences mais tout en gardant leur propre identité. Les morceaux oscillent entre le métal et le rap dans un équilibre parfaitement dosé. Quant au chant, il est bien placé et nerveux, les guitares puissantes. Tout ça fleure bon le punk de derrière les fagots, une approche « brut de décoffrage » qui n’est pas pour déplaire.
      Si l’on compare l’EP et l’album, il y a une évolution évidente. Tant sur le fond que sur la forme. Rouge Réservoir est beaucoup plus maîtrisé, même si Genesis posait déjà ses jalons. Ce premier opus est beaucoup plus agressif, plus lourd. Le côté punk est certes toujours là mais la production est beaucoup plus couillue. Les guitares sont bien plus présentes et plus metal (vrai faiblesse à mon sens sur Genesis).
      13 titres qui ne laissent pas de place au répit et coulent énergiquement comme le sang dans les veines. Et tant mieux. Il n’y a pas de morceau incongru ou qui dénote, ni de petite balade larmoyante (ne riez pas derrière votre écran, ça arrive bien plus souvent qu’on ne croit !). L’unité est donc de mise. La seule question que je me pose, pourquoi une deuxième version de « Un jour triste » ? Pas vraiment utile.

      En conclusion, c’est une assez belle réussite et cela semble prometteur pour la suite. Nul doute aussi que Tankred doit faire éclater son énergie revendicative en live. En tous les cas, en écoutant Rouge Réservoir, la seule l’envie que l’on ait : les découvrir sur scène.

Par Maïté  
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