Legendary Years

      line-up
    * Alex Staropoli - Claviers
    * Roberto De Micheli - Guitares
    * Giacomo Voli - Chant
    * Alessandro Sala - Basse
    * Manuel Lotter - Batterie

      tracklist
    01. Dawn of Victory
    02. Knightrider of Doom
    03. Flames of Revenge
    04. Beyond the Gates of Infinity
    05. Land of Immortals
    06. Emerald Sword
    07. Legendary Tales
    08. Dargor,
            Shadowlord of the Black Mountain
    09. When Demons Awake
    10. Wings of Destiny
    11. Riding the Winds of Eternity
    12. The Dark Tower of Abyss
    13. Holy Thunderforce
    14. Rain of a Thousand Flames

"Legendary Years"

Sorti le 26 Mai 2017 chez AFM Records

Site Officiel: www.rhapsodyoffire.com
Facebook: www.facebook.com/rhapsodyoffire


      Nous avons ressentis un grand trouble dans la Force ces dernières années! Important il fut lors de la scission séparant l'entité Rhapsody of Fire en deux pour voir apparaitre Luca Turilli's Rhapsody, la formation-mère dégainant la première avec Dark Wings Of Steel après s'être relevée de cette épreuve. Alors que tous croyaient voir les sombres nuages s'éloigner, ce fut au tour de Fabio Lione, charismatique voix du combo depuis le premier album, de quitter le champ de bataille après une annonce officielle faite en Septembre dernier. Nous aurions tous pensé qu'entre Angra et sa famille de longue date, son coeur aurait penché vers ses compagnons d'armes italiens comme ce fut le cas lorsque celui-ci suivit Kamelot après la défection de Roy Khan en pleine tournée mais il n'en fut rien, se lançant même dans une aventure inédite avec Eternal Idol. Il incite au passage le départ de toute la section rythmique, laissant Alex Staropoli seul à la barre avec Roberto De Micheli qui avait bien repris le poste de guitariste lead laissé vacant par le co-fondateur Luca. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.
      Nous en sommes tous conscients: il est terriblement difficile de remplacer une voix qui forge l'identité d'un groupe depuis ses premières armes discographiques (à l'exception de la démo de 95 Eternal Glory, très peu diffusée), en particulier dans un domaine comme le heavy metal symphonique! Vingt-et-une années réparties sur dix albums, deux lives, deux EP et de multiples concerts à asseoir sa mainmise sur le micro, devenant par la même une icône incontournable dans le milieu à ce poste, au sein d'une formation dont le mythe ne faisait que se renforcer au fil des ans. Seul amiral à bord, Alex n'a pourtant pas jeté les armes et relance l'assaut après avoir reconstitué son équipe, s'adjoignant les services de la basse de Sinestesia, l'ex-batterie de Farewell to Arms mais surtout la voix de Teodasia que nous avons également pu entrevoir dans les choeurs d'Into The Legend. Toujours en très bons termes avec son ancien chanteur, celui-ci n'est pas parti en claquant la porte et avait laissé le temps à ses camarades de se retourner, ce qui leur permit de préparer son départ en faisant mettre un premier pied dans l'arène au successeur par les coulisses. Le résumé du contexte est à présent presque complet, il ne reste plus qu'à préciser que ce nouvel album ne sera pas composé de pièces originales comme vous le saviez déjà. À l'instar d'Angra qui permis aux fans de découvrir Fabio à travers le 20th Anniversary Tour, Rhapsody of Fire souhaite offrir à son nouveau frontman une vitrine de présentation complète [mixée et masterisée par Seeb Levermann d'Orden Ogan] en ré-enregistrant ses plus grands classiques agrémentés de sa signature vocale, histoire de tâter le terrain avant de partir sur de la nouveauté.

      Personne ne pourrait être objectif quant au choix des morceaux qui constitueront la tracklist, même si certains incontournables comme "Land of Immortals", "Emerald Sword" ou "Dawn of Victory" s'imposent d'eux-mêmes en mettant tout le monde d'accord. La sélection s'étendra donc de Legendary Tales à Power of the Dragonflame ["Rain of a Thousand Flames" en bonus], ce qui correspond au premier arc de l’Emerald Sword Saga ainsi qu'aux albums les plus appréciés par les fidèles. Ces ré-enregistrements nous donnent la possibilité de (re)découvrir ces anciens titres arrangés de la manière actuelle comme ils peuvent l'être en live, plus grandiloquente et progressive qu'à leurs débuts davantage portés sur le speed. On modernise un peu la production, mais en dehors de ça les modifications instrumentales ne vont pas plus loin qu'une légère personnalisation des soli par De Micheli, quelques nuances apportées aux claviers par Staropoli et c'est tout. L'essentiel est bien entendu de savoir ce que donne Voli au micro, car la compétition est rude!
      C'est difficile de prendre du recul à ce sujet, tant la voix de Fabio est pour une grande part dans le succès du groupe. Si le nouveau frontman s'en tient la plupart du temps à une interprétation très fidèle à l'originale, on découvre en revanche sur "Flames of Revenge" que ses envolées lyriques n'ont pas la même flamboyance que celle de Maître Lione! Plus générique (jusqu'aux vocalises gutturales utilisées pour "When Demons Awake"), le timbre de Giacomo se fond un peu trop facilement dans la masse et peine à marquer sa personnalité, bien que "Land of Immortals" nous laisse juger de ses talents à travers son amplitude certes plus rugueuse mais tout aussi juste. Pourtant, je ne parviens vraiment pas à accrocher à sa performance manquant de cette prestance gracieuse propre à un ténor que pouvait dégager son prédécesseur. J'en suis même à froncer les sourcils sur sa façon de chanter les ballades comme "Wings of Destiny"! J'aurai imaginé plusieurs autres candidats à ce poste, probablement plus illustres, et je le pensais déjà lorsque j'ai été me renseigner sur l'élu en allant écouter un peu de Teodasia, pour revenir de cette écoute avec une question: pourquoi lui? Pourquoi un chanteur lambda sans étincelle particulière? Serait-ce pour le façonner à l'image de Rhapsody avec le temps?

      Voilà où j'en suis actuellement avec Rhapsody of Fire: depuis une bonne décennie, je me demandais chaque fois si j'allais continuer à acheter ces albums invariablement construits sur le même modèle, apportant quelques soupçons d'inventivité ça et là sans vraiment se renouveler. Mais j'étais vraiment fan de cet ensemble harmonieux et fantastique et ne pouvais me résigner à les ignorer.
      Pourtant, le jour est venu. Il est temps pour moi de tourner la page Rhapsody of Fire qui semble avoir dévoilée tout ce qu’elle contenait. Cette formation italienne mythique qui m'a apporté tant de joie depuis 21 ans clôt écrit avec ce disque la conclusion de son épopée en ce qui me concerne, car je doute vraiment beaucoup du fait qu'ils aient ne serait-ce que la volonté de se réinventer en profitant de cette épisode bouleversant de leur carrière. Malgré toute l'objectivité dont je tente de faire preuve face à cet album, je sais pertinemment que mon appréciation du résultat est amplement guidée par mon amour pour le Rhapsody de Lione. Comment oublier aussi vite cette voix qui m'a bercé ces vingt dernières années avec ces contes héroïques de chevaliers et de dragons? Probablement impossible de voir les choses sous l'angle de la neutralité avec ce passé commun [ce qui explique l'absence d'une note]. Il ne me reste plus qu'à leur souhaiter le meilleur pour l'avenir, et du succès pour le prochain album original.