Pathetic Divinity

    note   14/20

      line-up
    * Max Otero - Guitares & Chant
    * Laurent Michalak - Batterie
    * Matthieu Merklen - Basse
    * Gautier Merklen - Guitares

      tracklist
    01. Blood of Lambs -0:44
    02. Pathetic Divinity -5:43
    03. A Representation of Darkness -2:57
    04. My Name Is Legion -4:09
    05. Exhort the Heretic -3:02
    06. Left to Rot -4:22
    07. Eucharistic Adoration -3:26
    08. Christianist -3:13
    09. How Deep Is Your Hate? -3:58
    10. Liturgiae -2:19

"Pathetic Divinity"

Sorti le 7 Octobre 2016 chez Kaotoxin Records

Facebook: www.facebook.com/mercylesscult


      Lorsque j'ai découvert le metal, il m'a fallu pas mal de temps avant de m'initier petit à petit aux groupes que je classe dans la catégorie metal extrême (black/death/thrash etc.). Je me suis frotté assez tard aux légendes qui ont forgé la scène death metal française, Loudblast étant probablement le premier que j'ai commencé à vraiment apprécier. De ce fait, il va me falloir un peu de temps pour rattraper mon retard concernant Mercyless malgré sa reprise d'activité depuis 2011, le groupe ayant fait une longue pause depuis 2001. C'est en 1985 que les alsaciens balancent leurs premiers riffs au fond d'un garage, accouchant du premier LP Abject Offerings sept ans plus tard après avoir balancé quelques démos par ci par là. Tout s'enchaine assez vite jusqu'au Sure to Be Pure de 2000, qui sera le dernier avant ce split révolu par l'album de 2013: Unholy Black Splendor. De la formation originale il ne reste plus que le cerveau Max Otero, un passionné acharné qui a réussi à relancer la machine avec de nouveaux camarades de jeu, mais le résultat en valait-il la peine au juste?

      Je pourrais me contenter de répondre par un oui enthousiaste, mais je pense qu'il serait pas mal de développer un peu. À savoir pour commencer qu'en bon groupe des années 80 (87 très exactement) qu'il est, Mercyless (orthographié Merciless jusqu'en 91 pour raison de droits) aime bien rester fidèle à la tradition death metal de l'époque, ne s'éloignant pas de la lourdeur et de l'ambiance sombre qui se dégageaient des productions de l'époque. Une agressivité quasi-continue ainsi qu'une propension à enchainer les plans tous plus sauvages et techniques les uns que les autres sont aussi des caractéristiques faisant parties du contrat, ce qui ne les empêche pas de garder un pied dans la réalité actuelle de la scène en modernisant sa production. Si la balance des instruments s'aligne délectablement avec les habitudes du passé, par exemple une basse bien présente, des lignes mélodiques pas trop claires et un chant des plus gras, le son globale est tout de même plus agréable à entendre et profite aussi de la modernité pour gagner en percutant.
      Maintenant que nous avons fait plus ou moins le tour concernant le fond, qu'en est-t-il de la forme, principalement de l'inspiration du quatuor de Mulhouse? Si on ne remonte pas plus loin que le Unholy Black Splendor d'il y a trois ans, on reste complètement dans la continuité question invectives anti-chrétiennes, l'allusion étant claire dès le début avec quelques choeurs d'église en guise d'introduction pour le précédent et des incantations démoniaques pour le présent. Des morceaux nerveux et rapides qui ne laissent aucune place à la quiétude, le tout plié en moins de 34 minutes, ce que les deux derniers disques ont aussi en commun. Et si on remontait au Coloured Funeral de 1993, aurions-nous l'impression de ne jamais avoir changé d'époque? Je ne dirais pas cela, cet album bien plus ancien aménageant davantage de temps morts et lugubres à l'image de ce que font les américains dans le genre. Pourtant, l'atmosphère est toujours la même et respire les eighties avec un emballage contemporain, une atmosphère oppressante bâtie sur des guitares massives et une rythmique rentre-dedans en permanence, le chant suivant les instruments dans l'oppression sonore que constitue cet album.

      Oui, c'est exact, c'est un descriptif qui correspond à tellement d'opus death metal old school tant aujourd'hui qu'il y a une trentaine d'année. Les choses n'ont en fait pas vraiment évolué dans la sphère death metal pour les puristes, ceux qui honnissent ce que la jeune génération en a fait pour poursuivre l'oeuvre de leurs ancêtres en se contentant de l’éclaircir un peu avec les moyens actuels. C'est pourtant ce que le fan de death (comme le fan de thrash, de black, ou tout autre branche du metal poussée à cette époque) ne cesse de demander encore et toujours, et c'est ce que la majorité des pontes de ces années révolues continuent aussi de vouloir jouer. Peut-on le leur reprocher s'il le font aussi bien que Mercyless? Si vraiment vous avez envie de varier les plaisirs, il suffit de vous tourner vers de plus jeunes formations qui essayent de nouvelles choses, même si je n'ai que trop peu d'exemples à vous donner en cet instant, moi-même ne m'y intéressant pas beaucoup.

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