The World Ablaze

    note   13,5/20

      line-up
    * Henri Sattler - chant & guitares
    * Michiel van der Plicht - batterie
    * Mike Ferguson - guitares
    * Jeroen Pomper - basse

      tracklist
    01. A Call to Arms
    02. Annihilation Crusade
    03. The World Ablaze
    04. On the Wrong Side of the Wire
    05. Close to Victory
    06. Ko¨nigsberg
    07. Escape Across the Ice
            (The White Army)
    08. Breathing Through Blood
    09. Messina Ridge
    10. The 11th Hour

"The World Ablaze"

Sorti le 5 Mai 2017 chez Metal Blade Records

Site Officiel: www.goddethroned.com
Facebook: www.facebook.com/goddethronedofficial


      En Hollande, il y a de quoi faire en metal! Outre les nombreuses formations atmosphériques de qualité telles que The Gathering, Ayreon, Within Temptation, Delain ou Epica, ils donnent aussi très bien dans l'extrême comme le prouvent depuis longtemps Carach Angren, Born From Pain, Sinister, Asphyx ou encore Legion of the Damned (liste loin d’être exhaustive!). God Dethroned commence à faire parti des anciens avec ses 16 années d'existence bien remplies puisqu'elles se matérialisent environ tous les deux ans avec un nouvel album. OK, cette fois il a fallu en attendre six pour voir enfin arriver le successeur de Under the Sign of the Iron Cross, mais pour leur défense un split avait été annoncé en 2011. Ce n'est qu'il y a deux ans que l'unique fondateur rescapé Henri Sattler organise avec Michiel van der Plicht le retour du groupe de blackened death metal, avec le présent dixième opus à la clé.

      Je vais certainement me faire taper dessus par les puristes, mais c'est dingue comme le black/death de God Dethroned sonne... death mélodique! Je vous jure, je ne me force pas, cet album que j'ai actuellement dans les oreilles avec lequel j'écoute mes premières notes de ce groupe me fait terriblement penser aux rugueux débuts d'In Flames/Dark Tranquillity/Soilwork et à la base du genre: At The Gates. Pour remettre les choses dans leur contexte, il est évident que les hollandais débordent un peu plus de lourdeur et de haine dans le résultat final, mais sérieusement on ne peut nier l'affiliation involontaire avec cette scène suédoise. Après tout, Death lui-même était plus proche du thrash que du death dans sa construction comme l'est souvent le melodeath, ce skankbeat soutenu par les palm mutes très présents en étant un peu la marque de fabrique. Les trve cailloux étant bien arrivés à destination de ma gueule, on peut maintenant passer à autre chose.
      Lorsque le skankbeat ne domine pas, l'autre élément rythmique qui ressort et qui lui s'inscrit au fer rouge dans le death metal brut est ce roulement de grosse caisse pesant et régulier faisant de morceaux comme "On the Wrong Side of the Wire" des pièces de viande bien grasses, old school à souhait, que la voix gutturale huileuse servie par Henri Sattler enfonce encore un peu dans les profondeurs du style. Voilà, cette fois vous pouvez y aller avec vos doigts d'honneur (“doigt d'honneur”, j'adore cette expression totalement inappropriée pour le geste^^): pas de doute possible quant aux origines musicales du projet sur ces titres-là. Sur le suivant justement, ils vont même me faire allègrement plaisir avec ce qui me ravit toujours autant dans le death: les tempos lents! "Escape Across the Ice" et "The 11th Hour" sont tout ce que j'affectionne chez des entités à l'image de Memoriam (pour en citer une aussi récente que géniale), même si le plan d’arpèges bien mélodique du premier cité nous ramène un peu trop à Amon Amarth et consorts à mon goût. Presque la même un peu plus loin avec un roulement très rapide qui n'enlève en rien la pression de "Breathing Through Blood", plus direct et plus brut que les précédents exemples. De quoi mettre un bon gros point final à un album de poids, dont le principal défaut qu'on retrouve souvent dans ce genre de production est peut-être sa redondance.

      Mais la redondance pourrait tout aussi bien être citée comme une qualité par les amateurs du genre, donc on ne peut pas vraiment s'attarder dessus. Dans la mesure où celle-ci participe à maintenir une pression continue en dépit des changements de tempo, ça ne peut que satisfaire les aficionados de la brutalité, catégorie dans laquelle je ne me situe absolument pas. Ce qui ne m'a pourtant pas empêché de bien apprécier cet album! En bref, il y a peu de chances que je m'enfile un jour la discographie de God Dethroned sans me lasser au bout d'une heure d'écoute; cependant, un petit disque de temps en temps, comme maintenant entre deux doses de heavy metal ou autre chose, ça ne se refuse pas.

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