Scary Tales

    note   14/20

      line-up
    * Silver - Guitares
    * Hubb - Guitares
    * Sharky - Batterie
    * Kev - Basse
    * The Watcher - Chant

      tracklist
    01) OVERTURE [narrative]
    02) YOU'RE IN THE NIGHTMARE
    03) THE WATCHER
    04) WILD AS THE WIND
    05) THE EYES IN THE DARK
    06) SCYZOPHRENIA [intro narrative]
    07) ASYLUM
    08) THE BRIDE
    09) BLACK ROSES
    10) RIDING FAST AND HIGH
    11) REACH TO THE SKY
    12) LUNATIC WORLD [intro narrative]
    13) KINGDOM OF MADNESS
    14) BEHIND ME
    15) RAISE YOUR HANDS

"Scary Tales"

Sorti le 16 Avril 2016 en auto-production

Site Officiel: www.factorhate.com
Facebook: www.facebook.com/factorhate


      Un background horrifique riche et bien développé, ceci est une des préoccupations premières de Factor Hate. Revendiquant ouvertement ses inspirations comme appartenant à la scène heavy metal (essentiellement britannique) des eighties en citant Accept, Pretty Maids, Judas Priest ou bien évidemment leur phare Alice Cooper, leur musique suit donc cette tendance tout en y ajoutant cette robe inquiétante qui sied si bien à Maitre Vincent Furnier. Le quatuor d'origine jouant déjà ensemble dans feu Mainkind, il leur fallait un concept fort pour mener leur nouveau projet créé en Mars 2011 à la lumière. Cette idée leur est venue après leur rencontre avec leur actuel vocaliste Thierry Grumiaux alias « The Watcher » (échappé de Heavintage), ce dernier ayant proposé de placer son personnage au centre d'une histoire complète. Les bases de Factor Hate étaient posées!
      Pour faire extrêmement simple et concis, Factor Hate est un peu le Alice Cooper du heavy metal version française (sans les sous-titres), l'énorme influence du performer franco-ricain étant omniprésente dans l'univers musical du combo: le thème des textes, ainsi que la voix éraillée autant que la diction de The Watcher sont les deux éléments les plus probants. Ceci étant aisément admissible (surtout lorsque le groupe lui-même annonce la couleur), creusons un peu plus le sujet.

      La différence majeure se situe d'ailleurs précisément sur ce point: il y en a un qui s'évertue à horrifier le milieu rock/hard rock par sa musique et ses thèmes orientés, le tout restitué visuellement à travers ses spectacles ultra mis en scène, tandis que l'autre travaille à faire de même dans le domaine du heavy metal. Peut-être que la plupart des gens ont du mal à entrevoir la limite séparant le hard rock du heavy; pourtant, soyez certains que cette limite existe, même si les fossés entre les genres ont tendance à disparaitre avec le temps et les métissages. On commence par la lourdeur des guitares et le coté épique de leurs envolées mélodiques, "THE EYES IN THE DARK" penchant bien plus nettement vers Iron Maiden au niveau de l'instrumentation que vers AC/DC par exemple. Simple, n'est-ce pas? D'ailleurs, Iron Maiden n'est pas cité par hasard non plus, on se rappelle du concept-art de The X Factor ainsi que de ses chansons plutôt sombres qui auront peut-être aussi donné des idées à Factor Hate (écoutez donc "BLACK ROSES", c'est plus qu'évident). En tout cas, il est clair que le heavy metal des eighties outre-manche est la référence majeure en ce qui concerne l'instru!
      The Watcher, le chanteur ainsi que le personnage qui a donné naissance à la mythologie entourant cet album, ne cache absolument pas son admiration pour le showman US friand de maquillage et de costumade: sa voix en est l'incarnation française, bien qu'ils aient tout deux choisi de scander leurs psaumes dans la même langue. Ce grain rugueux permanent posé sur des gammes plutôt graves colle parfaitement aux ambiances décrites par les textes et en partie illustrées par la musique. Nous sommes loin d'un Dickinson ou même d'un Udo dans le registre, un détail important autant que positif qui ne fait qu'affirmer l'identité de Factor Hate, laissant dans leur mêlée les formations plus classiques et traditionnelles dont le nombre ne fait qu'augmenter. Un dernier point qui met la touche finale à l'œuvre atmosphérique du combo: sont disséminées à travers la tracklist une série de pistes narratives qui achèvent d'installer sur cet album un univers immersif et prenant digne des films de la Hammer.

      Voilà, les bases sont maintenant ancrées dans le sol, il ne reste plus qu'à concevoir une suite d'un acabit au moins équivalent à celui de Scary Tales, ce qui ne sera pas une mince affaire tant la barre placée par ce premier LP de Factor Hate est haute. Soyons tout de même objectif afin de porter sur ce disque un regard global et comparatif au plus juste: il s'agit d'un album de heavy metal très enthousiasmant, techniquement propre, mais qui sort essentiellement son aiguille du foin par son univers travaillé et non par la folle originalité de sa musique. Pourtant, force est de constater qu'aussi évident que parait le procédé, peu de groupes s'y sont aventurés, la majorité préférant s'en tenir aux sentiers tout tracés du heavy old school. S’il n’en fallait qu’une, voilà une raison suffisante pour offrir à Factor Hate une tribune d'expression bien exposée.

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