Firesign

      line-up
    * Nils Molin: Chant
    * Love Magnusson: Guitares
    * Mikael Laver: Guitares
    * Jonathan Olsson: Basse
    * Georg Härnsten Egg: Batterie

      tracklist
    01 - Breathe With Me
    02 - The Grey
    03 - In The Arms Of A Devil
    04 - My Darkest Hour
    05 - Ascension
    06 - Firesign
    07 - Closing Doors
    08 - Follow Me
    09 - Let Me Dream Forever
    10 - Starfall
    11 - The Light Inside The Tunnel

"Firesign"

Sorti le 28 Septembre 2018 chez AFM Records

Site Officiel: www.dynazty.com
Facebook: www.facebook.com/dynaztyband


      Voilà qui est cocasse, et pas tout à fait dû au hasard à mon avis! Figurez-vous qu'il y a peu, je vantais les mérite du nouveau chanteur d'Amaranthe présent sur leur plus récent album [qui sortira après le sujet de cette chronique], découvrant par la même le groupe de ce dernier, baptisé Dynazty. Et voilà que moins d'un mois après la réception du CD promotionnel, je reçois également un lien pour pouvoir écouter la dernière réalisation du groupe de heavy metal en question! Les choses se goupillent tout de même parfaitement bien parfois, ne trouvez-vous pas [dit sur un ton ironique]?
      Dynazty est donc un groupe de heavy metal moderne suédois, très porté sur les symphonies électroniques, déjà auteur d'une discographie de quatre albums dont Titanic Mass [2016] est le dernier représentant en date. Auparavant signé chez Spinefarm Records, il est assez étrange que nous n'en ayons pas davantage entendu parlé avant ce jour où Nils Molin a eu la bonne idée d'aller cachetonner chez Amaranthe, histoire d'offrir une plus belle vitrine à son propre groupe. Bon, tacle un peu gratuit à l’égard de leurs compatriotes; j'espère bien qu'il apprécie réellement de travailler avec ses nouveaux employeurs, mais nous allons choisir de nous en foutre car maintenant il est temps de parler heavy metal!

      Qui dit production moderne dit son extrêmement léché, que ce soit au niveau des instruments metal classiques comme guitares/basse/batterie qu’au niveau du gros soutien atmosphérique qui l'accompagne. On peut voir dans le style de Dynazty une structure heavy metal traditionnelle contenant son lot de roulements, de riffs palm mute et de soli épiques, sans parler du chant que j'évoquerai plus tard, mais le croisement de celui-ci avec le type de hard rock mélodique si bien retranscrit par le peuple suédois (doit-on rappeler les carrières d’Europe ou de H.E.A.T?) essentiellement porté par ces claviers seventies caractéristiques du genre forme un mélange au premier abord basique et pourtant pas si simpliste que ça. On y retrouve aussi l'enthousiasme et la positivité qui en chargent souvent les compositions, ainsi que le brin de romantisme passionné nécessaire à une ambiance enflammée, tout comme une certaine retenue dans le tempo (jamais trop speed)! Un tel équilibre ne s'entend pas partout, même chez les formations AOR qui se sont mis à la page niveau méthodes d'enregistrement et de mixage. Enfin, je ne serai jamais assez reconnaissant envers les groupes qui savent mettre leur basse au même niveau que le reste, même si le fait d'accompagner généralement la rythmique empêche la plupart du temps d'en profiter. Fort heureusement, certains titres comme "Ascension" sont là pour nous le permettre, tout en soulignant aussi les quelques références à la scène rock progressif.
      J'ai gardé le meilleur pour la fin: le chant. Car c'est grâce à son interprète que j'en suis venu à m'intéresser à ce groupe, leur clip/single de "The Grey" étant pour moi le plus ambitieux et le plus intéressant morceau de l'album. Nils Molin possède la puissance, la justesse et l'amplitude de tout bon chanteur de heavy metal qui se respecte, possédant en plus un timbre presque langoureux qui ne m'a pas fait citer Europe au hasard: beaucoup de similitudes entre Nils et Joey Tempest, comme si le frontman revenait au meilleur de sa forme avec 30 ans de moins! Il sait donc se montrer léger et fluide comme sur "Closing Doors" ou "Let Me Dream Forever" (encore un rappel à Europe), plus hargneux et haché comme sur "My Darkest Hour", et est bien entendu capable de chatouiller les nuages de sa voix autant qu'il peut crooner à l'image de "The Light Inside The Tunnel" (et bien d’autres).

      Instrumentalement, nous sommes déjà sur un heavy metal mélodique très classieux, à l'ambiance et aux mélodies chaleureuses dans lesquelles on se blottit volontier, mais comme souvent dans ce registre c'est le chant qui se révèle l'atout le plus important de Dynazty. Qui pourrait imaginer Europe sans Tempest? Je sais qu'il est réducteur de mettre autant en avant le chanteur dans une formation musicale (à la manière de ces “popstars” qui ne se sentent plus pisser), d'autant plus que nous n'avons pas à faire à une énième banale itération heavy metal ou AOR suédoise ici; mais force est de constater qu'en écoutant cet album, il y a moultes chances que vous reteniez surtout l'excellente performance de Nils Molin. Et sincèrement, j'ai l'impression que tout est arrangé sur cet album par les maîtres d'oeuvre en personne pour qu'il en soit ainsi, alors raison de plus pour rendre hommage au succès de l'entreprise.

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