Deathwalker

    note   16,5/20

      line-up
    * Chant Lead: Diego
    * Basse, Bodhràn, Choeurs: Benoît
    * Batterie, Bodhràn, Choeurs: Simon
    * Clavier, Choeurs: Adelia
    * Guitare Lead, Choeurs: Greg
    * Guitare Rythmique, Choeurs: Guile
    * Flûtes, Choeurs: Martial

      tracklist
    01. Intro: Once Upon a Man
    02. Edge of the World
    03. Seiben
    04. Rowena
    05. Snaga
    06. The Last Stand
    07. Thirty Souls
    08. Gulgothir
    09. Funeral Pyre
    10. Outro: Legends Never Die
    11. Bonus: Keepers of the Pride

"Deathwalker"

Sorti le 10 Octobre 2014 en autoproduction

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Site: www.drenaimetal.wix.com/drenai


      De bonnes surprises nous découvrons parfois au hasard d'un concert: le HBZ Midgard nous proposait dans cette optique du bon et du très bon, catégorie dans laquelle je classe Drenaï, ceux-ci ayant le plus retenu mon attention ce soir-là. Inspiré par les frasques guerrières et folkloriques d'Amon Amarth, Ensiferum, Wintersun et consorts, ces rouennais amateurs de jeux de rôle ont fini par souhaiter porter leur amour pour la littérature Heroic-Fantasy en musique au cours de l'été 2011, le croisement du heavy et du death metal avec des influences celtiques étant tout à fait adapté à cet univers. Après plusieurs changements de line up et la démo Rising Thunder sortie en 2013, c'est à présent le moment de proposer un premier LP.
      Le visuel et les paroles du combo sont basés sur les œuvres de l'écrivain britannique David Gemmel. Deathwalker fait tout particulièrement référence à Druss la légende, surnommé "le Capitaine à la Hache", personnage emblématique de l'auteur dont l'histoire est narrée au cours du Cycle Drenaï (nom donné au peuple occidental retracé sur onze tomes, qui inspira son patronyme au groupe). Allant de paire avec le concept, chaque chanson représente une part de la vie du héros, de sa naissance à son bûcher funéraire. Pour ajouter de la profondeur à leur musique, ils ont fait appel à de nombreux musiciens classiques et choristes, alors que l'enregistrement en Home Studio a pu être financé par le succès de leur crowdfunding lancé sur Ulule. Le Metal peut être fier de sa communauté souvent très impliquée dans les projets de ses favoris!

      Alors, l'argent des fans a-t-il été bien dépensé? La part belle a été laissée aux instrumentations folkloriques ainsi qu'à la rythmique, laissant les guitares un peu en retrait. En poussant les basses chez vous, ça le fera sans problème, mais j’avoue que mettre un peu plus de poids sur les guitares aurait ajouté en puissance à leur musique. Ceci n'étant à priori qu'un choix de mixage, il ne remet pas en question la très bonne qualité générale du son. De ce fait, si l'influence Amon Amarth se ressent nettement sur l'aspect metal des morceaux les plus death, les arrangements des instruments traditionnels les en éloignent pour marquer davantage leur identité. Ce disque suit la logique d'un récit d'Heroic-Fantasy jusque dans sa construction chapitrée, ce qui fait qu'aucun titre ne ressemble à un autre, et qu'ils forment un tout difficilement dissociable pour une bonne immersion.
      La variété, nous la retrouvons autant dans l'instrumentation que dans les voix. En dehors des chœurs se plaisant à passer de grégoriens à infantiles, un chant féminin doux et envoûtant interprété par Adelia se fait aussi entendre en lead sur deux morceaux. Notre ami Diego est aussi à l'aise dans les gutturales que l'est Guile dans les lignes mélodiques claires, ce qui ajoute une nouvelle couche de diversité sans s'éloigner une seconde du concept. Le death metal n'étant que la base sur laquelle se forge l'ensemble des arrangements, il est logique de ne pas en ressentir autant la lourdeur, surtout lorsque des interludes (en plus des habituelles intro/outro) narratifs ou acoustiques viennent faire le lien entre les pistes. Séparément, les morceaux ont déjà beaucoup d'impact, mais associés les uns aux autrs comme il a été prévu, l'ensemble multiplie cet impact afin de le rendre pratiquement imparable pour toute oreille avisée.

      Sur le papier, Drenaï pourrait se fondre sans se faire remarquer dans la scène en expansion à laquelle il est associé, au milieu des influences qu'il cite lui-même. Mais dans la réalité, il n'en est rien! Sa personnalité, bâtie autour de l'univers riche et cadré créé par l'inspiré David Gemmel dont elle incarne le personnage selon sa vision, les démarque sans difficulté tandis que le but premier de raconter son histoire en chanson façon ménestrel de l'extrême se retrouve même dépassé. Drenaï, c'est un voyage en pays celte en compagnie de guerriers passionnés et créatifs, qui savent prendre chez leurs idoles les éléments les plus percutants pour y apposer leur propre touche, les transformant ainsi significativement. Deathwalker est tout simplement un premier essai impeccable.

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