Hurricanes And Halos

    note   11,5/20

      line-up
    * Marcus Jidell - Guitares
    * Lasse Sköld - Batterie
    * Jennie-Ann Smith - Chant
    * Mats Rydström - Basse
    * Rickard Nilsson - Orgue

      tracklist
    01. Into the Fire / Into the Storm -4:14
    02. The Starless Sleep -4:47
    03. Road to Jerusalem -5:48
    04. Medusa Child -9:00
    05. The Sky at the Bottom of the Sea -5:25
    06. When Breath Turns to Air -4:46
    07. A Kiss
            (From the End of the World) -7:14
    08. Hurricanes and Halos -3:32

"Hurricanes And Halos"

Sorti le 26 Mai 2017 chez Nuclear Blast Records

Site Officiel: www.avatariumofficial.com
Facebook: www.facebook.com/avatariumofficial


      Et oui, nous allons encore parler de Leif Edling! Certains d'entre vous doivent en avoir marre de lire son nom un peu partout ces dernières années, mais que voulez-vous! De toute façon, d'une j'aime son style, de deux je fais ce que je veux, et de trois le monsieur est extrêmement actif donc... Mais what? Son nom n'apparaît plus dans le line up?! Voilà qui risque de bouleverser le style d'Avatarium jusqu'ici en adéquation totale avec celui d'...aaah mais attendez! Je lis qu'il reste tout de même dans l'équipe même s'il ne joue plus, et que 6 des 8 pistes de cet opus sont écrites de sa main. Welcome cependant au 4-cordistes d'Abramis Brama qui prendra sa suite dès le successeur que voici de The Girl With The Raven Mask sorti il y a deux ans. Le changement, c'est maintenant?

      En guise de bouleversement pour "Into the Fire/Storm", nous nous retrouvons avec une copie à peine voilée du refrain de "Hot Line" par Black Sabbath tandis qu'on emprunte largement à "Black Sabbath" [la chanson] pour le couplet. Au niveau de la production c'est tout aussi évident: Ghost nous saute littéralement aux oreilles (amusant lorsqu'on sait qu'ils ont enregistré au studio Ghost Ward de Stockholm), allant jusqu'à en pomper ouvertement le style pop diabolique sur "The Starless Sleep"... Tout cela ne présage rien de bon. "Road to Jerusalem" se lance dans un southern rock un peu facile aux ambiances orientales mais ayant au moins le mérite d'être plus discret dans ses références. Heureusement, Jennie-Ann Smith sort son épingle du jeu et rappelle qu'il s'agit bien d'un album d'Avatarium, au cas où vous commenceriez à avoir des doutes. Le seul point positif (s'il en est) jusqu'à présent est qu'on ne sent étrangement plus la lourde empreinte que laissait Leif dans la signature musicale du combo; intention délibérée du compositeur?
      On la reconnaîtra plus facilement sur "Medusa Child", rappel aux anciennes chansons de la formation avec les breaks rythmiques qu'on leur connait, la palme revenant à ce pont instrumental planant à la suite de choeurs d'enfants. Enfin un titre riche et intéressant! On retombe dans les travers de Ghost Sabbath avec "The Sky at the Bottom of the Sea" toujours si enclin à crier les noms de ses inspirateurs, avant que ne vienne le temps de la ballade mélancolique avec "When Breath Turns to Air". Rien de spécial à dire sur cet interlude de tranquillité inspiré du jazz et de la soul qui fait du bien. "A Kiss" révèlera à nouveau la touche Eidling sans fioritures, avec une fois de plus un break atmosphérique à 4'20 en conclusion du morceau. Pas trop entreprenant l'artiste toutefois! Nous terminerons sur un final instrumental guitare/claviers aussi cohérent que les précédentes pistes, c'est à dire très peu.

      On peut souligner la grande diversité dont faire preuve ce troisième opus, changeant 4 à 5 fois de style au cours de son déroulement. Le problème vient principalement de sources d'inspiration beaucoup trop nettes, presque étiquetées en mode “reprise” au dessus du nom de chaque titre, à de rares exceptions près. Ensuite, concernant l'implication du compositeur principal dans le projet, le fait qu'on ne sente plus autant la patte Leif Edling dans les arrangements et les mélodies peut se révéler être soit une qualité dans le sens où il implique une évolution claire de leur musique, soit justement un défaut pour les mêmes raisons aux yeux des fans des deux premiers albums. Ceux-ci auraient peut-être préféré retrouver le Avatarium de l'éponyme et The Girl With The Raven Mask, ou plus facilement accepté un changement progressif plutôt qu'une rupture assez brusque avec le passé comme celle-ci.
      Pour ma part, je ne peux m'empêcher de dénoncer le mimétisme flagrant dont fait trop souvent preuve la formation suédoise tout le long de ce disque, et regretter l'époque très familière (pour ne pas dire redondante avec les autres travaux de Leif) certes mais surtout plus personnelle où ça fleurait bon le Candlemass.

link site