Part 1 : The Prophecy

    note   16/20

      line-up
    * Julien Tournoud : chant
    * Olivier Billoint: guitares
    * Maurizio Colombo: basse
    * Stéphane Albanese:
                claviers et arrangements
        Guests
    * Pierre Dalban-Moreynas : Batterie
    * Eric Bevilacqua : chant
    * Sofian Mejri : chant
    * Ma Sarah : chant
    * Emmanuelson : chant
    * Mick : chant
    * Enrik Garcia :
                guitares sur "Pyramid's book"


      tracklist
    01) Journey to Ancient Egypt
    02) Pyramidion
    03) Chosen By Rê
    04) Amonsethis
    05) Land of Slaves
    06) The Wait
    07) Servants of Seth
    08) Isis The Breath of Life
    09) Universal Harmony
    10) Horus
    11) Pyramid’s Book
    12) The Prophecy

"Part 1 : The Prophecy"

Sorti le 19 Mars 2011 en autoproduction /réédité chez Brennus Music

Site Officiel: wwww.amonsethis.com
Myspace: www.myspace.com/amonsethis


      L’adage dit « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. » et les productions métalliques hexagonales le vérifient aisément : alors que nos produits n’ont pas manqué de qualité sur la dernière décennie, il a été difficile pour les groupes de s’exporter et de rencontrer le succès escompté. (Exception faite de GOJIRA, à vrai dire.) La faute à un manque certain d’ambition (ce que j’appellerais ici le « pétrole »).
      Sauf que le « pétrole », on l’a peut-être, désormais, en ce projet très ambitieux qu’est AMONSETHIS. Après avoir quitté HELLIXXIR, le chanteur Julien décide de monter ce projet, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est donné les moyens à la hauteur de ses ambitions. Après un maxi 3 titres sorti en 2009, le groupe enregistre donc le disque dont nous parlons aujourd’hui, en autoproduction. Cela parait courant pour un premier album, sauf que quand on voit le nombre de guests impliqués (des membres d’ELLIPSIS, DESTINITY et même le guitariste de DARK MOOR, excusez du peu) et qu’on écoute les morceaux, on se dit qu’on est loin de la démo enregistrée dans un garage…
      A voir le nom du groupe, lire les titres des morceaux et à regarder la pochette (assez simpliste, quand même, mais sobre), vous l’aurez compris, nous sommes ici en face d’un concept album sur l’Egypte ancienne. Le groupe pousse même le zèle jusqu’à nous narrer l’histoire dans le packaging. (A vrai dire, il s’agit de la traduction en Français de la « Legend of the Seventh Prophecy » narrée sur l’EP.) A nous les pyramides, les pharaons et les guerres de pouvoir !

      Quand bien même vous seriez passé à côté de tout ce contexte, l’écoute du premier morceau vous plongera dans l’ambiance égyptienne. Thème reconnaissable et intro un peu longue peut-être : on a hâte d’entendre ce que ce groupe a dans le ventre ! Nous allons être servis par « Pyramidion » qui est le morceau mis en avant par le groupe pour sa promotion. C’est également par ce morceau que Julien, qui m’a contacté pour chroniquer cet album, m’a accroché. Un son de guitare un peu « raw » pour démarrer, un rythme qui va crescendo, un chant tantôt agressif, tantôt heavy : c’est du tout bon ! Le refrain est très efficace et va vous marteler la tête pendant un certain temps.
      Nous voilà donc partis pour un album teinté d’agressivité avec une multitude de voix pour porter un projet intéressant et… ah. Un interlude. Une voix grave déclame tel des vers la liste des souverains de diverses dynasties… avant de s’arrêter après Nitocris (fin de la VIème dynastie). Et alors que devrait être prononcé le nom de Néferkarê, c’est celui d’Amon Sethis qui raisonne avant d’enchainer sur le morceau qui porte ce nom. Une digression historique, sans doute, et la base de l’histoire. Intéressant d’un point de vue narratif, cet interlude a le défaut de casser le rythme dès le début de l’album. Nous touchons ici au gros défaut de ce disque en ce qui me concerne : il manque de rythme et d’enchainement de morceaux heavy, au moins à la première écoute. « Universal Harmony » est encore un interlude, vers la fin de l’album, sans compter les diverses intro/outro de morceaux. J’ai réussi à passer ce premier constat au fil de mes écoutes, mais ne soyez pas surpris. Qui dit concept album parfaitement assumé dit narration. Après tout, même les films d’action les plus efficaces ont leur lot de scènes plus calmes !
      Cette plainte concernant le rythme est, je dois l’avouer, injuste au vu de la qualité des morceaux proposés. « Amon Sethis » a une grosse attaque rythmique, une structure prenante, des claviers et des chœurs habilement utilisés et un refrain épique. Je pourrais finalement reprendre cette phrase et, en la modifiant quelque peu, la réutiliser pour des morceaux tels « The Wait », « Servants of Seth », « Horus » ou encore « Pyramid’s Book ». Les différentes voix (tantôt heavy aigu, tantôt thrash, parfois death et même chant féminin sur « Isis the Breath of Life ») collent parfaitement à l’ensemble. Le tout est teinté de progressif avec tous ces changements de rythme ou de heavy « 80s » comme cette section rythmique sur « Horus ». On pense parfois (comme sur « Servants of Seth ») à ORPHANED LAND mais le côté « orientalisant + progressif » doit y être pour quelque chose. N’oublions pas une facette plus sombre, parfois plombée sur la première partie de « Land of Slaves » et son chant écorché. (Toujours Julien, qui oscille entre thrash et heavy et montre un registre très intéressant !) Le groupe se paye le luxe d’avoir un thème récurrent sur l’album : le thème refrain de « Pyramidion » qui apparait vers la fin de l’album sur « Horus » ou sur « The Prophecy » à la fin, au piano.

      Point de linéarité ici donc. Point de copié/collé d’autres groupes aussi. Je ne dis pas qu’AMONSETHIS crée son propre style, mais il sort des sentiers battus et propose une vraie démarche ambitieuse, « pour un groupe français » ai-je envie d’ajouter. Pas moins de 6 chanteurs, 4 langues, le tout pour une heure de voyage. Une production plus qu’honnête et un deal avec Brennus signé, Part 1 : The Prophecy répond à toutes les attentes. Mieux encore : comme le tout est encore perfectible, on peut espérer un « Part 2 » encore meilleur ! On peut déjà juger de la marge de progression du groupe en réécoutant « Amon Sethis » et « Servants of Seth » sur la démo de 2009 et entendre la différence avec les versions proposées ici. Finalement, il semblerait bien qu’en France aussi on ait du pétrole…

Par Thierry  
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