No Grave But The Sea

    note   13/20

      line-up
    * Christopher Bowe - Chant & Keytar
    * Máté Bodor - Guitares
    * Gareth Murdock - Basse
    * Elliot Vernon - Claviers
    * Peter Alcorn - Batterie

      tracklist
    01. No Grave But The Sea
    02. Mexico
    03. To the End of the World
    04. Alestorm
    05. Bar und Imbiss
    06. Fucked with an Anchor
    07. Pegleg Potion
    08. Man the Pumps
    09. Rage of the Pentahook
    10. Treasure Island

"No Grave But The Sea"

Sorti le 26 Mai 2017 chez Napalm Records

Site Officiel: www.alestorm.net
Facebook: www.facebook.com/alestormband


      Déjà presque trois ans depuis Sunset On The Golden Age, période qui sépare habituellement deux opus signés Alestorm, ce que le temps passe vite! De nombreuses sorties en tout genre, notamment dans le domaine du folk auquel on peut associer les écossais même si ces derniers tapent plus spécifiquement dans un trip pirate, l'occasion aussi de confirmer une fois de plus lors du Hellfest édition 2015 qu'en live le délire ne suit pas vraiment (que ce soit au niveau de l'image ou du son). Fort heureusement, il nous reste encore les albums studio pour continuer d'apprécier le style joyeux lurrons [parmis lesquels nous accueillons un nouveau gratteux débarqué du milieu power metal, spécifiquement Lost Symphony/Overload/Wisdom] un peu énervés avec une sonorisation correcte, même si à l'instar d'illustres inspirateurs comme Korpiklaani la formule commence à lasser sur la longueur. À voir ce à quoi nous allons avoir droit cette fois-ci!

      Pour commencer, sachez que vous allez retrouver dans cet album exactement tous les éléments qui ancrent indubitablement la musique d'Alestorm dans les eaux tumultueuses de la piraterie: la voix grogneuse et mal assurée (oh que si, mal assurée!) de Christopher Bowe, son côté brut et aléatoire ajoutant justement cette pointe d'agressivité ironique propre à leur identité (voilà, vous êtes calmés?) dans ces paroles parlant de rapines et de cuites. Absolument rien ne viendra perturber cela, même s'il est parfois plaisant de l'entendre monter un peu plus haut comme sur le refrain de "To the End of the World" ce qui ne change rien au résultat final. Les fameux choeurs de marins éméchés seront eux aussi omniprésents comme toujours, en particulier sur les refrains se voulant le plus fédérateurs possibles. Seulement, la formule est plus qu'éculée et vous aurez l'impression d'entendre pour la sempiternelle fois les mêmes mélodies ainsi que les mêmes paroles achetées en gros pour économiser des écus. Il en va de même pour le second élément le plus reconnaissable de leur background: le keytar souvent passé en mode accordéon, et accompagné de ses éternels cuivres épiques encore plus surexploités! Là encore, nulle surprise à l'horizon, c'est de la redit en masse sans grosse recherche derrière. Pour le reste, guitare batterie et basse se contente de plaquer des riffs et des rythmiques à l'emporte-pièce récupérées sur les albums précédents. On ne passe cependant pas à côté d'un ou deux morceaux amusants sans être marginaux pour autant, à l'image de ce "Rage of the Pentahook" dédié au heavy metal pur (un apport du nouveau guitariste?), ou de ce "Fucked with an Anchor" en semi-acoustique intégralement voué à l'esprit de la fête à bord. C'est rigolo, ça fera danser dans les fosses, mais ça ne renouvelle absolument rien...

      Voilà le problème numéro 1 d'Alestorm: d'un disque à l'autre, il ne change absolument rien à leur recette qui justifierait un nouvel opus. J’ai parfaitement conscience que les fans hardcore n’attendent que ça, mais ça n’excuse rien. Il y aurait pourtant moyen d'aller bien plus loin dans l'expérimentation avec une identité aussi forte et solide que la leur, au lieu de se contenter de la voie de navigation la plus facile, celle avec un grand soleil, qui ne fait pas de vagues, juste une légère brise pour faire avancer le navire en mode pépère et basta. Mais ce n'est pas le chemin qu'a tracé Alestorm sur sa carte (dont il n'a plus besoin depuis des décennies vu qu'il avance en ligne droite) et c'est bien dommage. Revenir sans fin sur ses propres pas n'est pas la meilleure méthode pour découvrir des trésors les amis!

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